Posté sur le Blog de BIPOLARITE FRANCE

Etre bipolaire c'est...

12/11/2017

Être bipolaire c'est ne plus être soi c'est être deux parfois, celui qui agit sans se contrôler, celui qui regarde et qui ne comprend pas.

 
Être bipolaire c'est aussi partir très loin dans sa tête, inventer son histoire, sortir de la réalité. Être sûr que  c'est l'autre qui ne vous comprend pas

.
Alors crier plus fort devenir agressif et parfois, violent et puis le lendemain ne se souvenir de rien.
Être bipolaire c'est aussi s'envoler ne plus avoir de doute ne plus avoir de peur. Être alors convaincu qu'on peut tout réussir jusqu'au plus grand projet jusqu'à sa déchéance. C'est bouillir d'énergie ne plus la contrôler, ne plus avoir besoin de dormir la nuit. C'est parler bien plus vite c'est ne plus se comprendre, ressentir l'énergie habiter votre corps vous sentir bien plus fort. C'est ne pas supporter que les autres ne suivent pas qu'ils se fatiguent de vous et parfois, baissent les bras.


Être bipolaire c'est un jour pour rien tomber dans le néant et se mettre à pleurer ne plus aimer la vie ; c'est se réfugier bien au chaud, dans son lit. C'est rêver que le jour, demain ne se lève pas. C'est repousser les gens même ses meilleurs amis. Ne plus pouvoir sortir de son nid, de chez soi et être persuadé que le danger est là. C'est avoir honte aussi de ne plus pouvoir rien faire, qu'on vous dise, tout le temps de faire un petit effort. Mais ce qu'ils ne savent pas c'est que dans ces moments-là pour nous, à l'intérieur il n'y a plus rien à faire.

 

Être bipolaire c'est voir la vie qui passe et vous, qui, à côté, n'en faites plus partie. C'est l'envie d'en finir.
C'est ne plus supporter d'avoir mal, de souffrir de ne plus se reconnaître. D'avoir une impression de double identité ; et parfois même pire d'être vraiment habité. De ne plus rien maîtriser de se faire mal, jusqu’à quel point ou de faire mal aux autres.


Être bipolaire c'est lâcher notre monde et partir dans un autre que l'on ne connait pas ; y voir même des êtres, des choses, qui n'existent pas à vos yeux ni aux nôtres d'ailleurs. C'est avoir peur de cela. C'est être en psychiatrie pour rester protégé. C'est reposer les autres ceux qui vivent avec nous. C'est que l'on ne nous voit pas, parce qu'on a honte de soi ; c'est la peur de sortir et d'affronter le monde. Nous demander sans cesse: sommes-nous capables ou pas ?

 

Être bipolaire, c'est la médication c'est essayer, sans relâche tant que cela ne marche pas. Tant que l'on ne peut pas reprendre une vie sereine. Et c'est subir aussi, les effets secondaires, les tremblements, le flou ; ces moments, où pour nous aider, on est vraiment drogué ! Les moments de colère, de déni de dégoût, de fatigue, de doute et puis de désespoir. C'est quand on y croit plus et qu'on appelle la mort pour mieux supporter la vie ; qu'on se voit déjà mort tellement et tellement, qu'on a envie plus fort.

 

Et puis si un beau jour à force d'essayer, un peu comme un miracle; on devient alors, plus équilibré
voire même stabilisé; alors à ce moment il faut se retrouver. Bien plus que cela encore il faut se découvrir.
Et il faut accepter de vivre sans envolées, sans ces moments qu'on aime, ces vagues de folie. C'est si paradoxal. Que même moi je l'avoue comprendre, j'ai du mal.

 

Il est si difficile de savoir ce qui est bipolaire ou, fait partie de nous; il nous faut entreprendre une longue route encore. Se persuader qu'on a sa propre identité. Qu'on est une personne à part entière avec cette bipolarité.

 

Christine Rémignon

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